Citoyennetés européenne, française et audonienne en danger

Publié le par Journal de l'AASCO

La très faible participation des citoyens
européens pose une vrai question de

légitimité du parlement européen. 59,35% des électeurs

essentiellement issus des classes populaires et de la jeunesse ont

donc boudé les urnes. Il est vrai que l’absence d’une réelle

campagne y est pour beaucoup, mais pas seulement. Le fort taux

d’abstention dénote un réel scepticisme vis-à-vis des hommes politiques

européens et à leurs capacités à répondre efficacement à la

crise. Cette crise économique a belle et bien succédé à la crise financière.

Elle touche notamment l’industrie de l’automobile, a eu, a et

aura pour conséquence de nombreux licenciements. Les publics les

plus vulnérables (les jeunes, intérimaires, vacataires car ils ne bénéficient

pas de la protection de l’emploi…) vont devoir survivre avec

les allocations chômage ou bien espérer bénéficier du nouveau

dispositif du RSA. Chaque Etat tente de résoudre de manière

individuelle cette crise et cela va de pair avec l’accroissement du

sentiment nationaliste. En outre, la crise accentue les inégalités

sociales et de fait accentue le racisme. Ne l’oublions pas, c’est dans

ces situations de crise et de montée des nationalismes que les

fascismes et le nazisme ont vu le jour, en Europe.

Dans les quartiers populaires, les situations de précarité existaient

déjà bien avant la crise. Les associations d’éducation populaire

jouent un rôle primordiale pour l’intégration des populations qui y

vivent, en mettant en place des dispositifs d’accompagnement à la

scolarité, d’éducation à la citoyenneté, de lutte contre le racisme

sous toutes ses formes ou bien encore de promotion de la laïcité.

Néanmoins, ces actions sont remises en cause par le désengagement

financier de l’Etat. Pour exemple, l'ACSE (Agence nationale pour

la Cohésion Sociale et l’Egalité des chances), héritière d'une longue

expérience portée par le FAS puis par le FASILD, se voit retirer

une grande partie des moyens dévolus aux associations et le coeur

de ses missions d'intégration. Les personnes issues de l'immigration,

vivant depuis longtemps dans notre pays, sont exclues de son

nouveau « périmètre d’intervention ». De la même manière, le

nouveau dispositif d’accompagnement éducatif, visant à travailler

au sein de l’école avec une poignée d’enfants en difficulté, pourrait

être subventionné en partie sur les fonds alloués autrefois aux

associations d’accompagnement à la scolarité. Et que dire de la

révision générale des politiques publiques qui a mis à mal

l’I.N.J.E.P (Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire)

en fermant son centre de formation et de conférences de Marly

-le-Roi. Par là, c’est l’ensemble de l’éducation populaire qui est en

danger. Les associations sont, depuis le délitement des organisations

de la classe ouvrière, l’un des seuls organes de conscientisation

citoyenne et démocratique. C’est également un moyen de faire

face à la montée de l’individualisme ou même au sauve-qui-peut

inhérent à la crise.

A Saint-Ouen, un projet de création d’une Maison des Associations

vient enfin de ressurgir. Pourtant, une fronde composée d’élus et de

militants de l’ancienne majorité s’y oppose fortement… avec des

arguments pour certains très individualistes, voire même parfois

d’un goût plus que douteux.

Ah, il est loin le temps où les citoyens pensaient au bien de la

société ! Faut-il risquer qu’un Ahmadinejad français vienne au

pouvoir pour se décider à agir pour plus de justice et d’égalité ?

Par Eros N.

Grains de Sable

numéro 21

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Publié dans VIE A SAINT OUEN

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